François Fillon tente d’éviter les mauvaises rencontres

Etre un candidat clivant a des avantages et des inconvénients. L’adversité permet de mobiliser son propre camp. Mais elle oblige parfois à improviser pour échapper à ses contestataires. Lundi 27 mars, François Fillon a dû annuler au dernier moment son train au départ de Paris. Son équipe l’avait alerté sur la présence d’une cinquantaine de personnes munies de casseroles et de drapeaux du syndicat SUD à l’arrivée au Croisic (Loire-Atlantique). Pour éviter la mauvaise image deux jours après avoir subi des jets d’œufs au Pays basque, le candidat de la droite a pris un autre train vers Nantes puis une voiture. Tant pis pour ses sympathisants qui l’attendaient à côté d’un homme brandissant un carton avec l’inscription : « L’Etat voleur, Fillon menteur ». Ces deux camps se sont retrouvés au Croisic. L’ancien premier ministre a débarqué au milieu de ses troupes sous les « Fillon, président ! » Tenu à l’écart, le même homme brandissait la même pancarte. Et les casseroles faisaient toujours du bruit. L’équipe du candidat veut maintenant prendre ce problème à bras-le-corps : les adresses de ses visites seront dorénavant tenues secrètes jusqu’au dernier moment. Cimenter sa base Loin de ces scènes hystériques, le candidat a pu faire de jolies images à bord du Den Heliga, un caseyeur. Sur une mer printanière, il a posé de la proue à la poupe sous les yeux de Bruno Retailleau et d’Eric Ciotti. « Ça fait du bien d’avoir un peu de soleil dans cette campagne ? », l’a interrogé de façon allusive une journaliste à bord d’un autre caseyeur. « La caractéristique des bons marins, c’est qu’ils affrontent tous les temps », a répondu M. Fillon avant de se retourner vers le président du conseil départemental des Côtes-d’Armor,solaire chanel, Alain Cadec, et d’ironiser : « Les requins sont dans l’autre bateau. » Ainsi va la campagne de l’ancien premier ministre, un homme soutenu par une base mobilisée par l’idée d’un complot et conspué par des opposants qui le ramènent tout le temps à sa mise en examen dans l’affaire des supposés emplois fictifs. A travers la France, M. Fillon continue à se poser en victime. « Depuis plus de deux mois, le plus incroyable système de dénigrement mis en place sous le Ve République tourne à plein rendement », a-t-il lancé lors d’un meeting au Parc des expositions de Nantes. Sans évoquer le détail des affaires et des révélations sur son train de vie, il s’est fait acclamer par une salle éruptive. « On n’hésite pas à mettre ma vie à l’épreuve. On la décortique dans tous les sens,lunette de soleil femme oakley, on l’étale, on la dissèque », a-t-il déclaré avant de continuer à assumer le parallèle avec Pierre Bérégovoy, ancien premier ministre socialiste qui s’est suicidé en 1993, et déjà cité par le candidat de la droite, jeudi 23 mars sur France 2 : « Bérégovoy n’était pas du sérail et il fut bien livré aux chiens. » Sarkozy sort de son silence Alors que son épouse devait être entendue par les juges d’instruction mardi 28 mars, François Fillon a accentué sa passe d’armes avec l’exécutif qu’il accuse d’avoir organisé un « cabinet noir » pour lui nuire. Lundi, dans un courrier,lunette dior homme so real, six représentants du parti Les Républicains ont saisi François Molins, le procureur de Paris, ainsi qu’Eliane Houlette du Parquet national financier. Ces membres LR reprochent à l’exécutif des « infractions » pointées, selon eux, dans le livre Bienvenue Place Beauvau. Police : les secrets inavouables d’un quinquennat, d’Olivia Recasens, Didier Hassoux et Christophe Labbé (Robert Laffont, 264 p., 19,50 euros). Parmi les signataires, Fillon peut compter sur des fidèles et des poids lourds comme Bruno Retailleau, président du groupe LR du Sénat, Christian Jacob, président du groupe LR à l’Assemblée nationale, Valérie Pécresse, présidente du conseil régional d’Ile-de-France, ou encore Nathalie Kosciusko-Morizet, présidente du groupe LR au Conseil de Paris. Lire aussi :   François Fillon et Marine Le Pen mènent la bataille de l’Ouest Un retraité très actif en coulisses est aussi sorti de son silence. Nicolas Sarkozy s’est exprimé lors d’une intervention devant des avocats du barreau de Paris. « Qui arrêtera l’ingérence du pouvoir médiatique dans le fonctionnement de l’autorité judiciaire ? (…) Qui aura suffisamment de courage pour écrire le “J’accuse” qui manque à notre siècle ? », a lancé l’ancien président de la République, selon Valeurs actuelles. Une petite phrase qui ne manquera pas de cliver un peu plus les débats. Matthieu Goar (Le Croisic, Nantes – envoyé spécial) Journaliste au Monde Suivre Aller sur la page de ce journaliste